Plongée : osez le grand bleu !

(Article publié dans Sport)

 

C’est d’abord une sensation d’étouffement. Tout est pourtant « ok » dans le langage gestuel des plongeurs : les bouteilles sont remplies, l’air parvient bien jusqu’au détendeur, le masque est en place, aucune fuite. Le corps peine cependant à trouver ses marques dans ce nouvel élément sous-marin. Il se sait incapable de respirer dans l’eau. Son instinct lui commande de retenir son souffle. La raison peine à lutter. On halète. Les plus sensibles peuvent se crisper jusqu’à quitter le détendeur pour reprendre une grande goulée d’air hors de l’eau ! « C’est un réflexe courant chez les débutants », explique Anne Lerebourg, qui dirige l’Atoll Club à Marseille, l’un des plus anciens centre de plongée de la rade. Un exercice, pratiqué régulièrement pendant l’apprentissage du premier degré, permet de s’habituer à cette contradiction : sans masque, bouteilles sur le dos, les yeux grands ouverts sous l’eau, il s’agit de palmer avec le détendeur en bouche. Rapidement, le corps contrarié trouve un nouveau plaisir amphibie dans la situation, comme un retour à ses sources antédiluviennes.

C’est alors un débordement de sensations incroyables. « Un bien être total, retient Catherine de son baptême en mer. Le corps est en apesanteur, débarrassé de toute charge. C’est un autre son qui parvient aux oreilles, sourd et ouaté. L’air qui pénètre dans les poumons a la douceur d’un verre d’eau qui traverse la gorge. L’esprit lâche tout. Un moniteur me tenait la main pendant cette première plongée. Heureusement, car j’aurais pu m’envoler! ». Mathieu, 10 ans, retient la faune multicolore qui a croisée le sillage de son regard émerveillé dans seulement 3 mètres de fond dans les eaux chaudes des Caraïbes. « Le poisson chat était vraiment rigolo avec ses grandes moustaches. J’ai approché aussi un poisson perroquet et un grand barracuda ».

Même en piscine, un baptême laisse toujours une trace. « Comme l’environnement n’offre aucune surprise, l’esprit est entièrement à l’écoute du corps et des sensations nouvelles que procurent cette évolution dans une troisième dimension, explique Patrick, un moniteur parisien. Nager dans les bulles comme s’il s’agissait d’une pluie de gouttes épaisses chatouille agréablement les nerfs. On s’intéresse davantage aux aspects techniques : s’équiper, ventiler, s’équilibrer, compenser la pression en soufflant le nez bouché. Tout ça est bien sûr différent qu’en mer, mais le plaisir est aussi intense ». Et souvent trop court : à peine une demi-heure d’exploration entre 0 et 6 mètres.

Après cette « mise en bouche », nombreux sont donc les candidats à un apprentissage plus poussé. Même assoupli pour mieux coller à la démocratisation de la pratique et son ouverture à d’autres catégories que les sportifs, les explorateurs et les militaires, le cursus délivré par les clubs affiliés à la Fédération Française de Plongée, impose de gravir un à un plusieurs niveaux (de 1 à 4) qui permettent de gagner en autonomie et en profondeur. « La plupart des plongeurs de nouvelle génération se contentent du premier niveau qui permet de réaliser des plongées d’agrément dans la limite des 20 mètres », explique Anne Lerebourg. Il y a en effet tout à découvrir dans ces profondeurs encore baignées de soleil : grottes, petits tombants, mérous, poulpes, gorgones, coraux… Une étude révèle à ce propos que la plongée est le troisième sport fantasmé des français, partiellement sans doute en raison de la théâtralisation du monde sous-marin initiée par le commandant Cousteau et orchestrée depuis par le petit écran.

L’école d’origine américaine Padi a bien senti la tendance. Elle propose des cursus pédagogiques adaptés aux clients occasionnels de la plongée avec des packages permettant de gagner rapidement de l’autonomie. La formule Open Water par exemple, propose d’apprendre à plonger dans la zone des 20 mètres en 4 jours et seulement 8 sorties. A l’issu, le candidat est autorisé à pratiquer partout sans moniteur. Excepté en France, qui ne reconnaît pas cette autonomie trop vite acquise. « Il faut prendre garde à ce que le marketing ne l’emporte pas sur la sécurité, souligne un ancien plongeur de la Comex. La plongée est un sport d’expérience. Des tas de situations imprévues peuvent se présenter sous l’eau. Il faut alors savoir réagir sans hésiter ».

C’est ce savoir-faire que propose d’acquérir le niveau 1 du brevet national. On le passe à son rythme : en stage sur 3 à 4 jours, ou de préférence en plusieurs semaines « pour bien assimiler toutes les notions ». Les premières plongées sont en effet particulièrement denses. Il faut d’abord apprendre à évoluer sous l’eau. Rien de moins évident : revêtu d’un gilet gonflé d’air, on peine d’abord à trouver son équilibre : trop rempli il vous remonte à la surface, pas assez, il vous laisse couler. Les variations de la pression compliquent tout : plus elle augmente avec la profondeur, plus les volumes diminuent. Il faut donc réajuster le gonflage. Ni trop, ni trop peu. Avec le temps, les poumons vont remplacer le gilet dans ce travail de ballaste : une grosse goulée pour passer un obstacle, puis une longue expiration pour redescendre de quelques mètres.

Le contrôle de la respiration devient un élément déterminant de la progression. On apprend à économiser son souffle pour mieux gérer la consommation d’oxygène, forcément limitée. On s’entraîne à palmer efficacement pour éviter l’essoufflement, source d’absorption accrue de gaz carbonique. On prend soins de remonter à la vitesse des bulles (15 m/mn) en expulsant l’air de ses poumons, au risque sinon d’expérimenter dans ses chairs la loi de Boyle-Mariotte : le volume doublant avec le changement de pression dans la remontée des dix derniers mètres, la cage thoracique pourrait gonfler avec la décompression du volume d’air respiré au fonds ! Les accidents, heureusement, sont rares : 0,013%, soit une chance sur 13.000. « Le niveau 1 permet d’obtenir les automatismes nécessaires à une pratique sécurisée, explique Anne Lerebourg. Exactement comme en voiture ».

Il faut ensuite s’entraîner régulièrement. Avant de passer le niveau 2, les professionnels recommandent un minimum de 20 plongées qui sont autant de sources d’entraînement que de plaisirs. « La confiance née de la répétition », insistent-ils. Il faut en effet savoir garder son calme en cas de difficulté : reprendre son embout arraché par une aspérité, vider son masque rempli d’eau à quinze mètres de fonds, gérer sans paniquer une panne d’air… Le monde sous-marin est celui du silence… et de l’imprévu.

L’obsession sécuritaire a un avantage : elle rapproche des autres. « La plongée est sport d’équipe », constate Pascal, un amateur de longue date. On descend toujours par groupe de deux à quatre. Les affinités dessinent des palanquées qui se retrouvent d’une plongée à l’autre. Avec quelques gestes, une intuition partagée et des regards fréquemment échangée, la balade sous-marine tourne vite à l’échange. Au retour, on partage les impressions, on se raconte ce que l’autre a manqué, on s’informe d’une nouvelle espèce croisée derrière un rocher… Le néoprène isole du froid, mais jamais des autres !

Les candidats au niveau 2 (la moitié environ des nouveaux gradés, l’autre se contentant du premier niveau pour des plongées d’agréments l’été ou en vacance) le vérifie à chaque sortie. « A ce stade, explique Anne Lerebourg, les plongeurs évoluent à l’aise dans le zone des 20 mètres. A la fin de leur cursus, ils vont pouvoir y nager sans encadrement et descendre jusqu’à 40 mètres avec un moniteur ». La palanquée se resserre. La sécurité gagne des galons dans le cursus. A mesure, le compagnon de plongée prend un nouveau statut. On répète ensemble les gestes qui sauvent, on se surveille, on vérifie à plusieurs les tables pour faire les bons paliers de décompression (ils permettent d’évacuer l’azote dissous dans les tissus), on se consulte pour bien s’orienter… La confiance s’installe. Le niveau 3 permet d’aller au terme de cette logique : les plongeurs de cette catégorie savent se prendre en main jusqu’à 60 mètres, la profondeur des épaves.

Pas besoin d’aller si loin pour découvrir les merveilles du monde sous-marin. Les tours opérateurs spécialisés dans ces destinations (Fun and Fly, Sport Away, Blue Lagoon, Océanes…) recensent ainsi une bonne centaine de spots faciles à travers la planète bleu : Acores, Afrique du Sud, Madagascar, Malaisie, Mexique, Seychelles, Soudan, Galapagos, Mer rouge, Maldives, Corse… Dans ces fonds exotiques, la diversité fait loi. On plonge pour une rencontre avec cette faune si étrangère et pourtant si proche : tortues, dauphins, poulpes, grandes raies Manta, requins… L’île de beauté porte ainsi son nom jusqu’au fond de ses rives où on peut par exemple nourrir à la main des mérous géants (jusqu’à un mètre cinquante de long) croisant paisiblement entre les forêts de gorgones. Certaines rencontres sont plus stupéfiantes encore. Bertrand, cinéaste documentaire, se souvient avoir croisé le regard d’une baleine bleu en haute mer. « C’était immense. J’ai nagé avec elle près de la surface, puis elle a plongé dans le bleu profond. J’étais comme magnétisé, l’œil rivé à ma caméra. Je suivais derrière jusqu’à ce qu’elle disparaisse d’un coup de queue plus fort que les autres. Autour de moi, tout était vide. Le grand bleu avait gagné mon âme ».

 

 

 

Pratique

> Pour qui

A partir de 10 ans pour toute personne sachant raisonnablement nager, c'est-à-dire parcourir 200 mètres sans s’arrêter en nage libre ou 300 mètres avec palmes, masque et tuba.

 

> Les formations

Le baptême, une plongée d’environ ½ heure, coûte de l’ordre de 45 euros. Chez Padi, on peut découvrir plus longuement l’activité avant de choisir ou non de poursuivre grâce au programme Discover Scuba. Son coût pour 4 plongées : 230 euros environ. Prévoyez 300 euros (matériel compris) pour le cursus de niveau 1 avec 6 plongées et une série de cours et exposés théoriques. Plus cher pour les niveaux 2 et 3 : autour de 400 euros.

 

> Le prix

Entre 15 et 25 euros la plongée sans compter la location du matériel (compter 5 euros par élément). L’équipement complet (palmes, masque, tuba, combinaison, gants, détendeur, gilet, bouteilles, voire lampe étanche et ordinateur de plongée) revient à 1500 euros minimum. Un marché d’occasion florissant permet de s’équiper à moindre coût.

 

> Les professionnels

. Fédération française d’études et de sports sous-marins : 0 820 000 457 – www.ffessm.fr

. PADI Europe (Professional Association of Diving Instructors) à Hettlingen, Suisse : +41 52 304 14 14 – www.padi.com (plus de 4400 centres dans 175 pays à travers le monde)

. NAUI à Nijverdal, Hollande : +31 548 61 23 66 – www.naui.com (la deuxième plus grande organisation mondiale de plongée et l’une des plus anciennes)

. SSI (Scuba Schools International), développe en France depuis 1995 un concept de tourisme subaquatique : www.ssiusa.com

 

> Les spots en France

 . Marseille : 70 sites protégés autour des îles Frioul, Maïre ou Riou. Info chez Atoll Club - 04 91 72 18 14

 . Corse : le paradis des mérous et des grands tombants. Tous les centres, les sites et les accès sur www.corse-plongee.com

 . Bretagne : tous les centres sur www.bretagne-plongee.com

 

> Plonger à l’étranger

Diplôme en poche, pensez à demander une carte CMAS (Confédération Mondiale des activités subaquatiques). Cependant, malgré sa qualité, le diplôme français n’est pas reconnu partout dans le monde. Mieux vaut alors disposer d’un cursus américain type Padi ou Naui. Des formations passerelles existent qui permettent d’obtenir une équivalence pour les niveaux 1,2, 3 vers les échelons Open Water, Advanced et Rescue, et inversement. Comptez entre 130 et 260 euros. Attention : pas d’avion dans les 24 heures suivant la plongée.

Les voyagistes spécialisés :

Fun and Fly : 0 820 420 820 (www.fun-and-fly.com)

Sport Away : 0 826 88 20 80 (www.sport-away.com)

Blue Lagoon : 04 91 55 08 69 (www.blue-lagoon.fr)

Océanes : 01 44 89 83 83 (www.oceanes.com)

 

> A lire

Plongée Plaisir – de l’initiation à l’autonomie niveau 1, niveau 2 (Alain Foret et Pablo Torres, Editions Gap)

Code Vagnon sécurité et sauvetage aquatique (Jean-Claude Pire, Editions du Plaisancier)

Plongée : guide de préparation aux niveaux 2 et 3 (Paul Villevieille, Editions Gap)

 

 

Dix spots pour découvrir le monde du silence

 

Mer rouge – Sharm El Sheikh

La Mecque de la plongée tire son nom du reflet des montagnes du Sinaï sur les flots au soleil couchant. Le spectacle est encore plus grandiose sous l’eau où les récifs coralliens sauvegardés accueillent une faune et une flore incomparable. La diversité des sites et des parcs marins laissent l’embarra du choix de séjours authentiques. Ne pas rater l’Umbria au Soudan, réputée pour être l’une des plus belles épaves au monde.

 

Afrique du Sud – Dyer Island

Dyer Island est probablement le meilleur site au monde pour observer les grands blancs. Dans cette « allée des requins » à proximité d’un haut lieu de reproduction de phoques, les chances de rencontrer le prédateur (derrière une cage bien sûr) sont proche de 100%. Frisson garanti.

 

Galapagos – Rochers de Wolf et Darwin

Les fonds volcaniques de l’archipel le plus sauvage du Pacifique sud réservent de belles rencontres avec la faune pélagique : dauphins, requins marteau à feston, bancs de barracudas, raies manta, otaries… Loin des zones de chasse, les habitants de l’île de Darwin promettent aux plongeurs des tête-à-tête confiants et inoubliables.

 

Maldives – Ari Atoll

Formées d’un millier de petites îles réparties dans l’océan indien autour de 26 atolls dont moins du quart est habité, les eaux chaudes des Maldives offrent la tranquillité de ses fonds de sable blanc à des déambulations relaxantes. Il faut une croisière pour parcourir toute la richesse du milieu. Par exemple Manta point où s’ébattent en ballets gracieux les raies géantes, ou Halaveli dont l’épave attire des bancs géants de rémoras

 

Seychelles – Ile de Praslin

Certains placent cet archipel de l’océan indien formé de 260 îles, parmi les plus beaux spots de la planète. Les plongées s’opèrent à la dérive comme simple spectateur ébahi d’une faune préservée. C’est le territoire des grosses pièces, notamment des raies pastenagues de plus de 2 mètres d’envergure, dont la rencontre aléatoire sur ce vaste plateau sous-marin, offre aux plongées un suspens passionnant.

 

Mexique - Cozumel

Découvert par Cousteau, ce paradis mexicain de 45 km de long est aujourd’hui protégé par une réserve. Murs, tombants, récifs et grottes défilent devant le masque dans une explosion de couleurs éclatantes typiques des Caraïbes. Les plongées s’y terminent à terre dans les cénotes de la forêt tropicale, d’étranges trous d’eau où l’on peut s’essayer à des plongées spéléo faciles.

 

Polynésie – Bora-Bora

A 240 km au nord Ouest de Tahiti, la perle du Pacifique passe pour être le plus beau lagon du monde. Une foule de poissons de récifs protégé par la grande barrière de corail grouille dans ses eaux cristallines tandis que sur les fonds sablonneux s’ébattent quantité de raies manta au ballet envoûtant. Un spectacle pour embrasser la nature.

 

Corse – Vallée des mérous

Protégé de toute prédation humaine, les mérous on proliféré sur les côtes de l’île de beauté. Certains spécimens âgés dépassent le mètre cinquante d’envergure. Mais plonger avec cet animal au faciès de bulldog n’a rien d’effrayant tant il est sympathique et attachant. Cette vallée des mérous située après la sortie du golfe d’Ajaccio, vaut a elle seule le séjour en Corse. On en profitera pour piquer plus au sud, où, à « mérous land », de vieux spécimens presque domestiqués viennent picorer dans la main des plongeurs.

 

Bahamas – Nassau

Les 700 îles de l’archipel « américain » situé entre les Etats-Unis et Cuba offre l’embarras du choix pour les passionnées de plongées nature. Toute la faune des Caraïbes s’y rencontre dans un ballet multicolore et cristallin, théâtre du James Bond jamais plus jamais. Les amateurs de sensations fortes peuvent approcher le fameux lost blue hole, une énorme trou bleu exploré par l’équipage de la Calipso en 1970.

 

Australie - Cod Hole

Derrière la grande barrière, la mer de corail offre une visibilité inégalée jusqu’à 45 mètres de profondeur. L’île-continent est synonyme d’exubérance pour la vie sous marine. Il n’est pas rare d’y découvrir de spectaculaires gorgones de plus de 5 mètres et des murs peuplés de vastes jardins de coraux à Flinders Reef. A Cod Hole, des mérous de la taille des plongeurs nagent sans crainte de l’homme dans quelques mètres de fonds.

 

 

De 0 à 60 mètres : à chaque profondeur ses difficultés

 

0 à 2 mètres

La transition du milieu aérien à l’élément liquide est souvent source d’appréhension et de confusion chez le plongeur débutant. « Aucun risque physiologique », tempère cependant le docteur Eric Bergmann, président de la Commission médicale Provence et instructeur auprès de la Fédération de plongée. Les perturbations touchent plus ou moins les individus par l’intermédiaire de la vision (les repères changent et le corps doit gérer une nouvelle dimension) et de la respiration (l’air parvient aux poumons par la bouche qui serre un embout entre les dents offrant une résistance à l’inspiration comme à l’expiration). « A ce stade, la réponse à l’appréhension est purement technique, poursuit le médecin : tout est question de préparation et d’exercice hors de l’eau, puis de progressivité de l’apprentissage si le candidat est très anxieux ».

 

0 à 20 mètres

Le problème essentiel dans cette zone est la pression et l’équilibrage des tympans. La sensation est la même que lorsqu’on atterri en avion : les oreilles se bouchent, elles paraissent pleines et sourdes. « Il faut agir avant d’avoir mal », insiste le médecin. Là encore, la réponse est technique : la manœuvre connue sous le nom de Valsalva, permet de mettre sous pression l’arrière gorge comme si on soufflait dans un trombone bouché. « L’objectif est d’envoyer de l’air dans les trompes d’Eustache ce qui a pour effet de remettre le tympan en place. Cette surpression doit être légère, contrôlée et réalisée dès l’immersion ». C’est en effet dans les premiers mètres que la pression de l’eau se fait le plus sentir.

Le rôle du moniteur est essentiel à ce stade de découverte du milieu. Il arrive souvent qu’il tienne le débutant par la main pour calmer ses gestes, l’aider à trouver son équilibre et lui apprendre à mesurer l’effet de ses mouvements. La modification de la statique dans cette zone de non pesanteur est une source d’appréhension connue. D’où l’attention toute particulière des moniteurs. Pris de panique, le plongeur débutant pourrait remonter en bloquant sa respiration, risquant ainsi de faire exploser ses alvéoles pulmonaires sous l’effet de la décompression de l’air, comme ça a été récemment le cas en piscine, dans seulement 3 mètres de fonds.

 

20 à 40 mètres

Au-delà de 20 mètres de fonds, on entre dans la zone de plongée technique. Le principal danger est l’accident de décompression : l’air respiré en bouteille contient 80% d’azote. Avec la pression (3 fois supérieure à celle de la surface à 20 mètres), le gaz se dissous dans les tissus sans être consommé entièrement par l’organisme. A la remonter, il faut donc l’évacuer. Les plongeurs s’arrêtent pour cela à des paliers. Le risque sinon est de saturer le corps en azote avec des risques de paralysie.

 

40 à 60 mètres

Le risque des grandes profondeurs est lié à la toxicité des gaz. L’incident le plus fréquent est une narcose à l’azote qui devient toxique pour l’organisme sous pression. Cette « ivresse des profondeurs » porte mal son nom. « Elle se manifeste notamment par un trouble de la réflexion plus angoissant qu’euphorisant », explique le docteur Bergmann. Le mal disparaît souvent en remontant de quelques mètres. D’où la nécessité de plonger toujours à plusieurs pour s’entraider en cas de problème.